Journée d’étude : Marges, renaissances et paysages insolites

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Appel a communications pour la journée d’étude : Marges, renaissances et paysages insolites, qui aura lieu a l’université de Perpignan Via Domitia le vendredi 7 juin 2013, (EA VECT 2983, UMR ART-DEV 5281).

Les propositions de communications (500 mots maximum) devront etre envoyées
a Isabelle Cases, David Giband et Eliane Liddell avant le 15 janvier 2013, accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique.La durée des présentations est fixée a 20 minutes. En fonction des propositions reçues, la journée pourra etre organisée en ateliers dont les participants se retrouveront ensuite pour des sessions communes. Les communications pourront se faire en français ou en anglais.

Les communications devront porter sur la sphere anglophone, de préférence les Iles Britanniques et les Etats-Unis. Les organisateurs souhaitent développer une approche pluridisciplinaire. Seront donc bienvenues les propositions émanant d’anglicistes, de géographes, mais aussi de sociologues, architectes, historiens de l’art…

La journée d’études, « Marges, renaissances et paysages insolites », propose
de s’intéresser a certains espaces urbains en mutation ainsi qu’aux marges entre ville et campagne ou a des lieux qu’on ne peut véritablement rattacher ni a l’une ni a l’autre telles qu’on les connait. Il s’agira d’étudier comment certaines approches nouvelles d’espaces ignorés - zones industrielles ou commerciales en activité ou en friche, terrains vagues, aéroports, canaux, voies de chemin de fer, ponts, chemins oubliés, ruines etc… - permettent de ne plus les traiter systématiquement comme des lieux de perdition, de ruine ou comme le signe d’un échec ou d’une décadence des sociétés contemporaines, mais comme des espaces s’enrichissant de leur
statut d’interzones ou de tiers-espaces (Vanier 2010) pour se développer de maniere inattendue, susciter des solutions ou des réactions nouvelles et parfois insolites, mais globalement positives voire optimistes, ou devenir des sources d’inspiration.

On favorisera donc les présentations qui montreront des exemples de renaissances ou d’extravagance, prenant le pas sur la désolation ou la nostalgie. Si les friches industrielles sont souvent concernées, il s’agira de montrer comment on peut les aborder autrement qu’a travers la problématique du déclin et en allant au-dela de la simple alternative entre destruction et préservation. On pourra de meme s’interroger sur la maniere dont certains lieux et paysages artificiels et extravagants retrouvent leurs racines naturelles ou leur place dans le paysage naturel, et évoquer des sites insolites par leur décalage, leur démesure, leur rupture avec l’environnement, et que les hommes se réapproprient et réapprennent parfois a habiter.

Dans la sphere anglophone, plusieurs auteurs ont récemment abordé la question, Alan Berger (Drosscape : Wasting Land in Urban America, 2006) et Lars Lerup (After the City, 2000) notamment pour la partie américaine, Marion Shoard (« Edgelands » dans Remaking the Landscape, 2002) et Owen Hatherley (A Guide to New Ruins, 2010), entre autres, pour la partie britannique. Berger s’intéresse au défi que représentent les lieux dépassés par une urbanisation rapide et l’obsolescence prématurée de certains systemes économiques, et qui n’appartiennent ni a la ville nouvelle ni a une ville du passé. La notion de « edgeland » est définie par Shoard comme une interface entre ville et campagne. Edgelands est également le titre d’un
ouvrage récent de Paul Farley et Michael Symmons Roberts (2010), qui cherchent, pour leur part, a montrer la dimension poétique -ils sont tous deux poetes- de ces franges ou la « civilisation s’effrite ».

Ces paysages insolites pourront etre étudiés a travers leurs multiples enjeux sociétaux, urbanistiques et patrimoniaux (voir Francis Pryor, The Making of the British Landscape, 2010 ou encore S Zukin, Naked City : The Death and Life of Authentic Urban Places (Oxford University Press, 2010)) mais aussi écologiques (voir Richard Mabey sur le développement inattendu de la faune et la flore dans certains sites dans The Unofficial Countryside des 1973). Le vaste mouvement des villes en transition présente aux Etats-Unis un large éventail de nouvelles expériences (voir par exemple Catherine Tumber, Small, Gritty and Green, 2012, au sujet du renouveau des petites villes américaines, ou encore Alex MacLean, Sur les toits de New York,
2012).

On pourra également envisager les liens que ces paysages peuvent entretenir avec certaines approches architecturales, artistiques ou photographiques (Charles Jencks et sa sculpture naturelle Northumberlandia qui réutilise le site d’un crassier dans le nord l’Angleterre, certaines gravures de George Shaw) et des oeuvres littéraires (Iain Sinclair) ou cinématographiques (les explorations de Patrick Keiller ou Andrew Kötting).

Il y a lieu également de s’interroger sur des réalisations en trompe-l’oeil : certains projets de réhabilitation de lieux contaminés ne sont-ils pas des exemples parfaits de greenwashing, un simple habillage vert pour masquer les dégâts, parfois irréversibles, causés a l’environnement, tel ce site d’enfouissement de produits chimiques dans la banlieue de Denver qu’on transforme en parc de loisirs ?

En outre, la pression immobiliere et les nouvelles politiques d’urbanisme impliquent un habitat plus resserré, plus centré sur la ville. Pour lutter contre l’étalement urbain, il est nécessaire de réinvestir des lieux désaffectés en ville ou dans les proches banlieues. Dans la droite ligne de ce qu’on pourrait appeler le syndrome de Love Canal du nom de cette banlieue résidentielle pres de Niagara Falls dans l’Etat de New York construite sur une immense décharge toxique jusqu’a la célebre révolte de ses habitants en 1978 et son abandon, un vaste mouvement de justice environnementale a vu le jour aux Etats-Unis, refusant que les pauvres soient logés dans ou autour de ces espaces soi-disant réhabilités. Les réactions mitigées face a des succes contestés pourront par conséquent aussi etre prises en compte.

English version

Call For Papers for the one-day conference : Fringe Lands, Regeneration and Singular Landscapes, which will be held at the University of Perpignan Via Domitia on Friday June 7th, 2013 , (EA VECT 2983, UMR ART-DEV 5281).

Proposals (not more than 500 words) should be sent to Isabelle Cases, David Giband and Eliane Liddell by January 15th, 2013. Please include a short biographical notice.Presentations will last 20 minutes. Depending on the proposals received, the conference may be organized in different workshops with joint sessions following. Papers may be in French or in English.

Subjects should be chosen from the English-speaking world, preferably the British Isles and the United States. The organizers wish to foster an interdisciplinary approach. Proposals stemming from various fields of study such as geography, English studies, sociology, architecture, art history…will be welcome.

The one-day conference “Fringe lands, regeneration and singular landscapes” will focus on evolving urban spaces, borders between city and country, or places which cannot really be described as belonging to one or the other.

We will study the way certain new approaches to neglected areas– still operating or abandoned industrial or commercial areas, wastelands, airports, canals, railway lines, bridges, forgotten paths, ruins etc. - lead to a more accurate idea of these sites than just as places of decay and ruin or symbols of the failure and decadence of contemporary societies. On the contrary, they can be considered as enhanced by their in-between status or as third-spaces (Vanier, 2010), as they have developed in unexpected ways, bringing forth fresh and sometimes unusual solutions or reactions, generally positive or even optimistic ones, or else becoming sources of new ideas or
inspirations.

Presentations tackling examples of regeneration or new interpretations of these places rather than nostalgia or regret will therefore be preferred. While post-industrial wastelands are cases in point, they should not be treated only through the perspective of decline and contributors should go beyond the simple alternative between destruction and conservation. Along the same lines we may look at how certain artificial or out-of-the-ordinary sites and landscapes recover their natural roots or their niche in the natural landscape. Likewise we will focus on sites which are unfamiliar because they seem out of scale, or do not blend in, or are at odds with
their surroundings. We shall study how people are reclaiming these sites and
sometimes learning to re-inhabit them.

In the English-speaking world, a number of authors have recently worked on the question, Alan Berger (Drossscape : Wasting Land in Urban America, 2006) and Lars Lerup (After the City, 2000) particularly on the American side, Marion Shoard (“Edgelands” in Remaking the Landscape, 2002) and Owen Hatherley (A Guide to New Ruins, 2010), among others, on the British side. Berger tackles the challenge arising from places left behind by rapid urbanization and the premature obsolescence of some economic systems, which fit neither into the new cities nor into those of the past. The notion of “edgeland” is defined by Shoard as an interface between city and country. Edgelands is also the title of a recent work by Paul Farley and Michael
Symmons Roberts (2010), both poets, who seek to show the poetic dimension of
these fringes where “the veneer of civilisation peels away”.

These unusual landscapes may be examined for the manifold issues they entail, concerning social and heritage management as well as urban planning (see Francis Pryor, The Making of the British Landscape, 2010 or S Zukin, Naked City : The Death and Life of Authentic Urban Places (Oxford University Press, 2010)), but also for their ecological impact (see Richard Mabey on the unexpected development of fauna and flora in certain sites in The Unofficial Countryside , as early as 1973). The vast movement of “cities in transition” in the USA offers a large range of new experiments (see for example Catherine Tumber, Small, Gritty and Green, 2012, on the
revitalization of small American cities ; see also Alex Maclean, On the Roofs
of New York, 2012).

The ties between these landscapes and certain architectural, artistic or photographic approaches (Charles Jencks and his natural sculpture Northumberlandia which reuses a slag heap site in the north of England ; some engravings by George Shaw), and with literature (Iain Sinclair) or cinema (the explorations in Patrick Keiller or Andrew Kötting’s films) will also be of interest.

We should also not forget to take a critical look at examples of window-dressing : some contaminated site renewal projects appear as perfect examples of green-washing, a green paint job to cover up the sometimes irredeemable damage done to the environment, like the chemical waste landfill site in the Denver suburbs that has been turned into a leisure park.

In addition, population pressure and new urban planning are pushing for denser, more city-centered housing patterns. Combatting urban sprawl entails the reuse of abandoned places in cities or inner suburbs. In the wake of what we might call the Love Canal syndrome, from the name of the residential area near Niagara Falls in New York State which was built on top of a gigantic toxic waste disposal site until the famous revolt of its residents in 1978 which led to its abandonment, a mighty environmental justice movement has emerged in the United States. This movement rejects the practice of housing the poor on or near so-called rehabilitated sites.
Citizens’ lukewarm reactions to certain controversial ‘success-stories’ should therefore also be taken into account.